le bonheur, c’est le chemin

mais quand le chemin est long, rien ne vaut un bon compagnon

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adieu

mon vieux cheval est mort hier.
ce n’était qu’un cheval, me direz-vous.
évidemment.
et pourtant, nous nous sommes côtoyés pendant presque trente ans. ça fait un bout. nous étions ados, jeunes et insouciants, lorsque nous nous sommes rencontrés et nous avons grandi, puis vieilli ensemble. et lui, en tout cas, s’est assagi.
tant d’heures partagées, sous le soleil ou sous la tempête, tant de joies et de galères, de complicité et de querelles, tant d’anecdotes à raconter, tant de rencontres, tant de souvenirs à partager avec tous ceux qui ont croisé notre chemin.
il m’a recadré souvent, me remettant, au sens propre comme au figuré, les pieds – ou toute autre partie de mon anatomie – sur terre lorsque j’en avais besoin.
il a patienté vaillamment, sans jamais m’en tenir rigueur, quand mes moult obligations d’humaine, mes mille priorités plus prioritaires que lui, m’éloignaient de l’écurie. sans aucune rancœur, il m’accueillait au portail, bon an, mal an, avec le même petit hennissement doux, celui que les chevaux réservent à leurs amis de longue date.
il était mon ancre à la nature, au grand air, aux éléments, mon lien avec ma campagne.

les gens de chevaux le savent : avoir un vieux cheval dans son écurie, c’est comme avoir un vieux sage à la maison.

mon vieux compagnon, tu vas me manquer. mais il était temps de te laisser partir brouter sous d’autres cieux.
j’espère que l’herbe est bien verte là où tu es.